Ada, Zadie et compagnie

histoire de Clonettes voyageuses

Adeline a lancé un incroyable projet depuis 2008: faire voyager une Clonette en créant un relais photo à travers le monde.  

Par exemple : Lorelai reçoit la Clonette dans son village en Grèce, prend des photos où la poupée pose devant ses endroits préférés , puis la Clonette est envoyée par la Poste à Polly qui habite la Finlande où elle la prend en photo dans la forêt, et le relais continue comme ça grâce aux demandes postées sur le site d’Adeline. 

Toutes les photos prises autour du monde y sont postées et le site d’Adeline est devenu une sorte de carnet de voyage avec pour héroïne : la Clonette !

Adeline, pouvez-vous nous expliquer le début de votre projet ?

Ça a commencé par hasard. Je lisais The Lonely Planet Guide to Experimental Travel et l’une des méthodes m’intéressait particulièrement: voir le monde à travers les yeux d’une mascotte. Le principe du nain de jardin qui voyage ‘tout seul’ dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. 

A l’époque j’étais étudiante et je tentais tant bien que mal de faire des économies pour partir m’installer en Norvège. Donc pas les moyens de voyager. Mais une amie avec qui je parlais du livre, m’a fait remarquer que j’avais suffisamment d’amis un peu partout pour tester cette méthode. Quand j’ai repéré une poupée en plastique dans la vitrine d’une petite boutique bordelaise, je me suis tout simplement dit que j’avais trouvé ma mascotte.

Comment avez-vous connu l’histoire de la poupée Clonette?
J’ai découvert l’histoire de la poupée Clonette un peu plus tard et j’ai pensé que j’avais fait le bon choix : non seulement une mascotte pratique (légère, en plastique, qui peut voyager sans se casser) mais aussi une mascotte avec une histoire. 

Comment avez-vous réalisé la popularité de Clonette ? 
Une fois que la poupée a fini le tour de mon cercle d’amis, j’avais déjà une bonne douzaine personnes qui souhaitaient participer. C’était l’époque où il n’y avait pas de publicité sur les blogs et où Twitter en était à ses balbutiements. Et puis on me demandait régulièrement où on pouvait acheter cette poupée et à part Facteur Céleste, il n’y avait pas grand monde qui la vendait.

Le site était en français et c’était compliqué pour ceux qui ne parlaient pas français. Petit à petit, la Clonette a fait son apparition dans des boutiques étrangères, sur de plus en plus de blogs et est devenue un objet à la mode. Je me souviens d’une conversation avec une blogueuse sud-africaine sur l’importance de ne pas oublier l’histoire de la Clonette. Elle n’est pas juste mignonne, elle a été créée dans un contexte particulier qui ne doit pas passer à la trappe.

Pouvez-vous nous expliquer comment votre projet rassemble les gens ? 
Le projet s’est bâti tellement graduellement que c’est difficile d’expliquer pourquoi ça a marché. Je pense que c’est une combinaison de bonnes intentions et de bonnes rencontres. Bonnes intentions parce que parallèlement à l’aspect photographique du projet, il y a un souhait de connecter des gens qui ne se connaissent pas, d’utiliser les réseaux sociaux pour quelque chose de positif et aussi voir de nouveaux endroits à travers les yeux de quelqu’un qui y habite. On a tous une image en tête quand on entend le nom de telle ou telle ville mais quand quelqu’un nous emmène dans son café préféré, ou nous emmène faire une promenade par l’intermédiaire d’une poupée en plastique, ça peut nous montrer une réalité plus complexe et bien plus intéressante. 

Et puis des bonnes rencontres parce que dès le début du projet, j’ai été contactée par des gens de talent qui ont dépassé mes attentes et m’ont épatée. J’en ressors avec une énergie dingue. L’idée que quelqu’un qui habite de l’autre côté du globe et qui ne m’a jamais rencontrée, prenne soin de ma poupée, l’emmène à droite à gauche pour en prendre des photos sublimes, avant de l’envoyer au suivant, c’est une leçon de confiance.

Le projet est-il encore en cours ? 
Maintenant le projet roule tout seul. Les gens me contactent parce qu’ils ont découvert le projet par l’intermédiaire de quelqu’un et ensuite c’est une question d’instinct. Parfois j’ai un coup de coeur et parfois je ne le sens pas, c’est bête et ça ne s’explique pas. Mais mon instinct se trompe rarement. 

J’ai pensé à conclure le projet quand Ada (ndlr: la première Clonette rouge) a été perdue par la poste. D’un côté, ça faisait six ans qu’elle voyageait ; de l’autre côté, il y avait encore des gens qui voulaient participer. Ada, du haut de ses 21 cm, a visité le désert du Sahara, pris un taxi à Bombay et bravé la neige à Montréal. Alors pourquoi s’arrêter là? La petite nouvelle, Zadie (ndlr: la Clonette suivante jaune), a déjà été en Finlande, en Afrique du Sud et maintenant elle est en route pour Israel. A une époque où on est tous tellement pressés, c’est un projet de tortue, qui nous force à la patience. Un projet sans prétention, qui fonctionne tant que quelqu’un quelque part souhaite participer. 

Merci beaucoup Adeline et bonne continuation ! 

Vous souhaitez participer à ce projet photo ? Rendez vous sur le site d’Adeline et envoyez-lui un message ! Tout est très bien expliqué (en anglais) dans la catégorie « method ». Et on vous laisse découvrir les superbes photos de voyage de la Clonette, pour un tour du monde en photos qui laisse rêveur… 

Propos recueillis par Julie Labroue, par mail le 6 septembre 2015.

BANDE RUBALISE 2
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